Chris Jericho devient le premier champion incontesté de l'histoire !
- teddy2j21

- 28 juin 2019
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Dernière mise à jour : 21 avr. 2020
Vengeance 2001 (9 décembre) - San Diego, Californie

A l'aube de l'année 2002, Chris Jericho marque les esprits...
La WWF saisit les derniers biens de la WCW
Au terme d'une année 2001 qui n'a pas été avare en péripéties, la fédération gouvernée par Vince McMahon affiche son intention de régner sur le monde du divertissement. Depuis quelques mois, le président de la WWF surfe sur la vague du triomphe et se targue, à juste titre, d'être le régent d'un empire fortifié : après l'organisation de Wrestlemania X-Seven dont la bonne qualité fut saluée par les experts, il éteint le feu vif de la concurrence allumé par la WCW. Au sommet de la planète du divertissement sportif, la compagnie des McMahon aspire à constituer une immense communauté de fidèles (télé)spectateurs, en abreuvant leurs pupilles d'étoiles et de volupté. Sous l'empyrée des hommes dominateurs, le monarque de la WWF s'échine à proposer un programme sportif d'une grande richesse, dessiné par les vertus de l'athlétisme et du loisir. A vrai dire, l'heure de la pérennité n'était encore qu'un songe en 1993, année durant laquelle les deux grandes armées du catch, la WWF et la WCW, se heurtèrent violemment sur le champ de l'audience. Dès lors, une course à l'audimat prit en otage les ondes télévisuelles du lundi soir, à partir du moment où les Monday Night Raw de Vince McMahon entrèrent en collision avec les Monday Nitro captivants de Ted Turner. A raison d'arguments sportifs et de galas plus attrayants, la WWF s’enorgueillit d'un triomphe supposé impossible, tandis que la WCW saute à pieds joints dans les affres de la faillite. Malheureuse de ses mésententes internes et de son manque d'oxygène, la présidence de la WCW se délite, détruit ses atomes de la coopération, se meurt à petit feu. En opposition, les vizirs de la compagnie de Stamford se délectent de leur accomplissement, fiers d'avoir surmonté la pente glissante de l'audience. En guise de coup de grâce, ils enterrent définitivement la hache de guerre au mois de mars 2001, à l'heure où leur rachat de la défunte WCW est officialisé. Peu à peu, le calme olympien des eaux douces supplante la houle furieuse des longues années de concurrence. Du jour au lendemain, l'entreprise des McMahon se retrouve à la tête d'un royaume exceptionnel, auquel se sont greffés le personnel, les championnats et le contenu de la WCW. De ce fait, elle tient à cœur de mener une dernière mission afin de parachever sa victoire : unifier les deux titres mondiaux dans la perspective de donner naissance à une seule et unique ceinture, à savoir le championnat incontesté. D'emblée, cette ambition promet des passes d'armes corrosives, dans la mesure où le Graal de la WWF embrasse le bassin de « Stone Cold » Steve Austin, tandis que le trophée de la WCW savoure ses derniers jours d'existence sur les épaules larges du Rock. Initialement, les deux chevaliers devaient opposer leurs armes dans une épreuve classique, mais le caractère cyclopéen de l'enjeu obligea les chefs de la WWF à organiser un conflit digne d'intérêt. En conséquence, le pay-per-view Vengeance 2001 sera le théâtre d'un tournoi en deux manches : la première d'entre elles fera l'objet d'une double confrontation, où le Rattlesnake défendra sa pierre précieuse face à Kurt Angle, alors que le Braham Bull voguera contre les ardeurs de Chris Jericho. La seconde manche, pour sa part, constituera la finale du tournoi et se conclura par la consécration du premier champion incontesté de l'histoire. Autrement dit, la pression est à son comble !
Chris Jericho amasse les deux trophées mondiaux
Pléthores d'individus se souviennent de la folle soirée du 9 décembre 2001, à jamais gravée dans leur mémoire. Ce jour-là, leur rythme cardiaque a atteint les tropiques de la frénésie, leurs prunelles ont contemplé toutes les nuances de la joie, alors que leurs émotions ont suivi la cadence de montagnes russes. Droits dans leurs bottes en cuir mariées à la pénombre, Steve Austin et Kurt Angle donnent le coup d'envoi d'un tournoi promis à la postérité ; le Rattlesnake joue les cartes de la désinvolture et de la confiance agaçante, pendant que son adversaire reste humble et concentré sur le sésame de la WWF. Malgré ses avalanches de Suplex, ses tentatives de soumission et ses prises de risque, le médaillé olympique se laisse choir dans les gouffres de l'échec, lui qui lorgne le trophée mondial depuis si longtemps. Premier round terminé, le rebelle texan a franchi la première marche en direction de la récompense ultime. Aussitôt, le Great One et le King Of Bling Bling emboîtent le pas à leurs collègues en s'invitant dans la scène aux trois cordes ; le second round se met en route au moment où retentit le timbre aigu de la cloche, sous le regard attentif d'environ 11 800 spectateurs en ébullition. A l'image d'un félin dont l'estomac hurle à l'agonie, The Rock bondit sur sa proie au pelage ambré, avec la ferme intention de satisfaire ses intestins capricieux. Toutefois, son adrénaline redescend au contact d'une proie très agile, sémillante, qui se débat avec véhémence. Le Lionheart n'est pas effrayé par les griffes pointues de son prédateur, ni par ses pattes et ses jambes enroulées de muscles aussi lisses qu'une stèle en marbre. Au contraire, il se donne à cœur joie de conduire un match émaillé de coups et de prises variés, mais teinté de complications. Ni ses sauts chassés, ni son Lionsault ne lui ouvrent la voie de la victoire, car le Braham Bull est animé par la fougue des grands soirs, porté au firmament de l'ovation plébéienne. A défaut d'être efficace dans le courant des règles officielles, Jericho se fourvoie dans les méandres de la triche : après dix-neuf minutes de labeur, il tire profit d'une intervention de Vince McMahon afin d'exécuter un Low Blow sur le champion, suivi d'un Rock Bottom, tous deux synonymes d'un triomphe assuré. Sous un orage de huées, l'adepte des entourloupes capture le trésor de la WCW, plus d'un mois après l'avoir perdu. A peine remis de ses émotions, Y2J se retrouve nez à nez avec le champion de la WWF, boitillant, en manque de fraîcheur, mais paré d'une motivation digne de ses aînés. Une nouvelle ère est en phase d'écriture, il ne reste plus qu'à lui attribuer un pionnier, un démiurge dont les abdominaux seront bientôt couverts de plaques dorées. En l'espace de quelques minutes, le conflit classique prend les courbes d'une bataille acharnée, rapidement privée de lois ; l'arbitre de la rencontre s'écroule à la suite d'un choc accidentel, tandis que Vince McMahon et Ric Flair pointent le bout de leur nez. Steve Austin bloque les vertèbres de son rival dans son propre Walls Of Jericho, le contraignant alors à claquer la paume de sa main sur le tapis du ring. Pas de chance, l'arbitre est encore inanimé. A cet instant précis, Booker T débarque de nulle part, grimpe sur le point de fuite de tous les regards, puis frappe le Texas Rattlesnake dans le dos. Victime du retour de bâton, Austin ne parvient pas à relever ses épaules avant le compte de trois fatidique, laissant filer sa chance de marquer l'histoire du catch. A la surprise générale, Chris Jericho devient le premier champion incontesté de l'histoire.
La WWF entame sa période hégémonique
Nouvelle époque, nouveaux horizons, nouveaux héros. Malgré son manque de courage, Chris Jericho a imprimé son empreinte sur le livre d'or du divertissement sportif. En capturant les deux ceintures les plus convoitées dans la sphère du catch, il a prouvé que la passion l'emporte souvent sur la raison, et qu'une entente cordiale avec la hiérarchie prévaut sur une âme révolutionnaire et rebelle. Par son triomphe peu prévisible, il a permis de clore définitivement le vieux chapitre de la WCW qui a fait couler beaucoup d'encre sur les feuilles des louanges et sur les papiers des critiques. Néanmoins, son règne volera en éclat à l'occasion du dix-huitième anniversaire de Wrestlemania au profit de Triple H.











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