Deux équipes, deux championnats et un enterrement !
- teddy2j21

- 23 juil. 2019
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 avr. 2020
WWE Smackdown (9.09.1999) - Albany, New York

Au menu de Smackdown, terre fraîche et tensions brûlantes
L’éclosion de la Rock ’n’ Sock Connection
Entre effusions de sang et batailles effrénées, la fin de l'été 1999 n'a pas été reposante à la WWF, en témoignent les grandes vedettes de la fédération. La chaleur du soleil a attisé les colères et les envies de meurtre, à l'heure où le championnat de la WWF est au cœur des convoitises. En début d'année, The Rock et Mankind, propulsés au sommet de l'affiche, ont franchi les seuils d'une haine réciproque et d'une violence protéiforme : après avoir croisé le fer dans une croisade « I Quit » (Royal Rumble), ils se sont affrontés au cœur d'une arène totalement vide (Heat), avant de donner naissance à un combat du type « Last Man Standing » (St-Valentin's Day Massacre). Bilan, le Great One agite le drapeau blanc, incapable de battre son adversaire et de récupérer le saphir de la WWF. Aussitôt, de nouveaux défis surgissent de la pénombre, enterrant les espoirs d'un répit mérité : alors que Mankind se heurte aux ambitions de Triple H, le Brahma Bull se met sur la route des champions par équipes de la fédération, Big Show et The Undertaker. Le 30 août, une vive altercation sonnait le début d'une nouvelle rivalité, dans la mesure où le Rock défiait le duo maléfique dans un match « handicap ». Vraisemblablement, le héros du peuple n'a pas mesuré l'ampleur de son défi : miroir de la démence et personnification de la terreur, l'Unholly Alliance prend un malin plaisir à malmener sa nouvelle proie, eu égard à sa supériorité numérique et à sa réputation morne. Créatures machiavéliques aux mains coupables, le géant et l'homme d'outre-tombe forment une doublette que le Great One ne peut détruire seul. En dépit de sa force d'âme, il a besoin de renforts, ainsi que de deux mains et d'un esprit supplémentaires. Contre toute attente, l'aide providentielle est fournie par Mankind, tout juste dépossédé de son titre mondial par le King Of Kings, Triple H. Orphelin d'une pierre précieuse qui rend ses propriétaires successifs si heureux, l'homme à l'esprit tourmenté éprouve de la compassion pour le Rock, malgré leurs différends. Peu à peu, les deux anciens rivaux s'improvisent compagnons de route : après leur entrée en pourparlers, ils acceptent de former une association, du moins une paire, afin de briser le piédestal dont les champions par équipes tirent vanité. Le 30 août à Raw Is War, les ceintures par équipes changent de mains à l'issue du show, provoquant une colère noire des anciens champions. Alors qu'ils chantaient leurs vertus au début de l'épisode de Raw, comme des coqs aux aurores, le Big Show et le Deadman ont été malmenés par une équipe improbable, formée dans le hasard de la situation. Piégés par leur trop-plein d'orgueil, ils n'ont pas anticipé le scénario de la défaite, scénario tant redouté par tous les champions en titre de la WWF. De façon logique, les deux fondateurs de l'Unholly Alliance obtiennent alors un match retour pour les sésames collectifs, prévu au début du mois de septembre à l'occasion de Smackdown. Faisant valoir leur clause automatique de revanche, les deux complices licencieux ont le choix de la date, mais également de la stipulation du conflit : de ce fait, leur décision se porte sur un type de combat forgé à l'image du Fossoyeur, qui empeste la mort, l'air de l'au-delà, qui promet un dernier sommeil, une suffocation annoncée, une dernière respiration pour l'un des quatre mercenaires impliqués. Le 6 septembre, le gourou de la Corporate Ministry annonce que les deux tandems participeront à un enterrement vivant, à l'issue duquel un lutteur reposera six pieds sous terre, à la merci des vers et de la fraîcheur éternelle.
Quatre soldats et un enterrement à Smackdown
Créateur et expert des combats dotés du label « Buried Alive », le démon de la Death Valley a conscience que son partenaire et lui-même arpenteront un champ de bataille propice à leur succès. A proximité de la rampe d'entrée, non loin des écrans géants disposés dans l'arène, un amas de terre percé en son centre, laissant apparaître un trou de forme rectangulaire, attend son prochain résident. Trois ans plus tôt, l'Undertaker avait déjà pris du plaisir à enterrer Mankind vivant, au terme d'un match du même style : désormais, à l'heure où les deux hommes sont accompagnés d'un acolyte, le vent de la revanche souffle au-dessus de leur tête. Nimbé d'une démence atypique, Mankind entend assouvir ses désirs de vengeance : alors que son compère n'est pas encore arrivé, il s'empresse de grimper sur le ring afin de bondir sur les soldats vicieux de l'Unholly Alliance. Au-delà des enjeux sportifs, une question d'honneur trotte dans l'esprit des quatre Superstars, si bien que l'affrontement prend le chemin d'une bagarre féroce à l'extérieur du ring. Les coups de pied et les crochets pleuvent abondamment sur les corps, rappelant les trombes d'eau déversées par les nuages d'automne. Pendant que le Big Show s'échine à transporter Mankind vers la tombe, le Great One étouffe le feu sacré du Phenom au moyen d'un coup de chaise pliante, sous le regard écarquillé des commentateurs. Au fur et à mesure que les minutes s'écoulent, la silhouette de la sépulture inhabitée grossit sous l'objectif des caméras : The Rock et son coéquipier font un grand pas en direction de la victoire, après avoir poussé le Big Show à l'intérieur du puits de la mort. Malheureusement pour eux, le maître des cieux réduit leurs efforts à néant, en raison de son intervention in extremis. Dès lors, la croisade se scinde en deux petites batailles séparées et décousues ; si l'élan des coups de poing déporte le Fossoyeur et le People's Champion au cœur des coulisses, la bataille se poursuit à proximité de la tombe entre les deux autres soldats. Aucune limite, aucune frontière, tous les coups sont permis. Soudain, Mr. Socko s'enfonce dans le gosier du Big Show, d'où l'apparition d'une lueur d'espoir sur le visage de Mankind. Néanmoins, le halo du triomphe s'éteint dans l'ombre de l'échec inattendu, à cause d'un seul homme, Triple H. Si le chaos continue de se répandre derrière les rideaux de l'arène, la fièvre poursuit sa progression sous la lumière criarde des spots : chassé par Kane, The Game s'extirpe des coulisses, fracasse la nuque du Big Show à l'aide de sa massue, puis rebouche le trou de la tombe au fond de laquelle gît Mankind. Assez de terre a été déversée dans la sépulture au cœur vide, l'arbitre peut annoncer la fin de la guerre et le couronnement de nouveaux champions par équipes. Omnipotent, le Cerebral Assassin n'est retenu par aucun scrupule et le prouve une nouvelle fois à Smackdown.
L’Unholy Alliance retrouve ses précieux joyaux
Maltraités par la Rock 'n' Sock Connection, The Undertaker et Big Show reprennent les rênes de la division par équipes, à l'issue d'une bataille intense, quoique souillée par les interventions extérieures. Si les racines de l'ennui ont été coupées, les germes du divertissement ont rapidement poussé. Du premier contact avec la terre au dernier coup de pelle, les quatre titans ont lutté corps et âme contre l'angoisse de l'enterrement vivant. Cependant, leur combat s'est vite noyé dans l'oubli, en raison de sa relégation au second plan : en fin de soirée, le combat « Buried Alive » devenait une simple anecdote qui servait les intérêts de Triple H et de Steve Austin. Après la disparition de Mankind sous terre, le Texas Rattlesnake s'échappait fièrement d'une ambulance garée vers la tombe, avant de bondir sur le Roi des Rois telle une guêpe attirée par les arômes d'un fruit sucré. Autrement dit, Steve Austin est de retour dans la course au titre suprême. En outre, le règne de l'Unholly Alliance tombait aux oubliettes après une maigre durée de treize jours : poussée par les vagues d'un immense soutien populaire, la Rock 'n' Sock Connection récupérait les ceintures qu'elle avait échappées malgré elle, à Raw Is War. Dans la foulée, le Phenom se retirait des rings durant sept mois, malheureux d'une blessure au bras.









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