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Les débuts gagnants du Deadman à Wrestlemania

  • Photo du rédacteur: teddy2j21
    teddy2j21
  • 16 avr. 2020
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 avr. 2020

Wrestlemania VII (24 mars 1991) - Los Angeles, Californie

Jimmy Snuka encourt un grave danger : la mort a pénétré le ring


Le Deadman bâtit sa réputation de monstre invincible

Les mois passent, le temps court à la vitesse des vents de tempête, mais l'angoisse suscitée par la mysticité de l'Undertaker ne s'estompe pas. Depuis son éclosion aux Survivor Series 1990, la créature au teint blême, aux yeux vidés de leur substance et bordés de cernes violets, traverse les sentiers de la domination totale. A la lumière des regards humains, le phénomène des ténèbres est à la fois stoïque et mystérieux, comparable au diable et aux êtres démoniaques qui pullulent dans l'immensité du monde terrestre.Sous la calotte de son chapeau noir, il ne laisse passer aucune émotion, aucun rayon de gaieté. Son costume cafardeux, entièrement cousu au goût de l'Enfer, ne laisse planer aucun doute : le croque-mort de la Death Valley porte l'uniforme de la mort incarnée, de l'atrocité qui s’épanouira dans l'univers pittoresque de la WWF. Taciturne et mystique, il n'a pas besoin de la parole pour exprimer ses pensées impures,immorales,étrangères au commun des mortels. Certes, le nouveau phénomène de la fédération n'a pas brillé de mille feux aux Survivor Series 1990, ni au Royal Rumble 1991 : dans les deux cas, il n'a pas atteint l'objectif commun aux combats éponymes des deux événements, à savoir la survivance. Recruté dans l'équipe de Ted Dibiase lors du pay-per-view de novembre, il a été éliminé au bout de dix minutes, de même que son entrée dans la bataille royale de janvier n'a pas été florissante (malgré trois éliminations à son compteur, sa présence se limite à un maigre quart d'heure). Néanmoins, sa prestance a fortement marqué les esprits, étant donné qu'il a instauré une atmosphère inédite à l'intérieur de la scène de combat. Une atmosphère tendue, presque lugubre, alourdie par sa lenteur, son austérité, sa manière d'être imperméable aux coups distribués par ses adversaires.Outre les fans, les lutteurs eux-mêmes sont assez perplexes devant l'insensibilité de l'Undertaker, à commencer par Jimmy « Superfly» Snuka. Le 21 janvier 1991, les deux combattants décrochent un premier combat sur le champ de bataille de la WWF, lors des enregistrements d'un gala spécial : entre les murs prestigieux du Madison Square Garden de New York, le Deadman met moins de sept minutes afin d'immobiliser son rival au tapis, grâce sa fameuse prise de la « pierre tombale ». Sa domination n'a pas été totale au cours du combat, contrairement à notre étonnement :selon toute vraisemblance, le gardien du purgatoire ne ressent pas la douleur. Les prises orchestrées par Jimmy Snuka ne produisent aucun effet sur son corps, alors que les coups de tête ou de poing rebondissent sur sa chair. A peine est-il allongé sur la robe du ring que le Phenom est déjà debout.De l'autre côté des barrières de sécurité, les spectateurs n'osent pas le toiser ; les enfants s'agrippent aux jambes de leurs parents, apeurés, craignant l'intervention d'un nouveau monstre dans leurs cauchemars. Pour leur part, les adultes restent silencieux, presque effarés,hypnotisés par la marche lentedu Deadman. L'incompréhension du phénomène appelé «Undertaker » fait froncer leurs sourcils, créant un grand contraste avec l'attitude adoptée par Jimmy Snuka: le Superfly n'est pas intimidé!Au contraire, il s'efforce de ne pas reculer,de ne pas faiblir,de ne pas se coucher lâchement devant les deux mètres inébranlables de la créature forgée par les suppôts de Satan. Suite à leur bon affrontement, les deux contradicteurs cueillent les fruits d'une revanche organisée à Wrestlemania 7, fruits empoissonnés pour Jimmy Snuka si l'on en juge les performances destructrices et expéditives du Fossoyeur.


Le Phenom ne fait qu'une bouchée de Jimmy Snuka

Pour la première fois de sa vie terrestre, la Faucheuse de la Death Valley débarque dans le jardin majestueux de Wrestlemania, fleuri de spectateurs natifs des États-Unis et d'ailleurs. Sous les notes funèbres de sa symphonie d'entrée, The Undertaker traverse la rampe à petits pas, lentement, en compagnie de Paul Bearer et de l'urne maléfique. Autour du ring, pas de farandole, ni de folie. La foule se complaît dans son silence protecteur, absorbée par les mouvements ralentis du Deadman, captivée par le voile insaisissable du mystère qui l'escorte et cache ses vilaines émotions. Cependant, le mutisme du public n'est que de courte durée, car son contingent masculin s'égosille au moment où le phénomène des ténèbres pose les premières pièces de son jeu de destruction. A l'occasion de son baptême à Wrestlemania, le Phenom dévore les gourmandises à sa portée, c'est-à-dire la frénésie des adultes, les sourires juvéniles, la sérénité ambiante, ainsi que la critique des détracteurs et la défiance des rebelles. Pour lui, son match d'exhibition face au Superfly n'est qu'une formalité pure et simple, un repas frugal ingurgité en moins de cinq minutes, quatre minutes et vingt secondes pour être exact. Temps incroyablement court pour les spectateurs, horrible éternité pour le voltigeur des Fidji et ses supporters. Entre les gants insensibles du croque-mort, fourchettes de terreur forgées à la sueur des enfers, Jimmy Snuka n'est qu'un bout de viande manipulé sans vergogne, réduit en bouillie par les canines du Deadman. A de multiples reprises, il est acculé dans le coin du ring, incapable de réagir et d'ôter la main de son adversaire qui exerce une forte pression sur son cou. La crainte flotte dans l'air, au-dessus des travées, sur le ring et en dehors ; y compris l'arbitre est méfiant, presque tétanisé, gêné à l'idée de faire correctement son travail. Les yeux tantôt révulsés, tantôt emplis de haine, le broyeur ambulant de la Death Valley dérobe l'âme des mortels qui le contemplent, qui examinent son air funeste, sa robustesse surnaturelle et son visage crayeux. A proximité du ring, le père de la destruction ne rassure personne ; sa manière d'enlacer l'urne diabolique suscite les interrogations, sa façon de se mouvoir fait pâlir les individus sensibles, ses expressions faciales le rendent effrayant. Tel père, tel fils. Sur la robe du ring aussi blanche que sa peau, The Undertaker domine les débats. Hormis les coups de poing, il n'a orchestré que trois prises afin de couper le souffle de sa victime : une Flying Clotheline portée parfaitement en début de match, une Suplex au-dessus des cordes, ainsi que son Tombstone Piledriver plus dangereux qu'un coup de massue reçu sur le crâne. L'opération est chirurgicale, sans contretemps, ni bavure. Fidèle complice de Satan, le Phenom connaît toutes les recettes de la démolition rapide ; il maîtrise l'art de la terreur dans toute sa splendeur, ainsi que les subtilités de l'intimidation, intimidation totale qui malmène autant les lutteurs que les spectateurs. Au grand désarroi de la communauté fidjienne, Jimmy « Superfly » Snuka en a fait les frais.



La première pierre de la « streak » est posée

Dans le beau rayon des anecdotes, l'histoire retiendra que la Faucheuse ne s'est offert qu'un apéritif inconsistant pour sa première sortie à Wrestlemania, une petite entrée dévorée en un croc, un amuse-gueule servi sur le plateau en argent massif du « Showcase of The Immortals ». Dans sa globalité, l'histoire retiendra bien évidemment la carrière de Jimmy Snuka, mais surtout son statut peu flatteur de première victime du Deadman à Wrestlemania. En outre, les mémoires garderont le souvenir d'un Fossoyeur déjà au sommet de son art en 1991, d'un maître psychologique capable de faire vibrer la foule malgré sa vélocité ténue. En ce beau jour du 19 janvier 1991, il a franchi la première marche de la notoriété, le premier tremplin vers le triomphe et le sommet de l'affiche. Les premières graines de la « streak » ont été plantées dans le terreau fertile de Wrestlemania, début d'une série d'invincibilité incroyable que le Phenom arrosera chaque année de sa sueur, de son sang et de son énergie.




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