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Shawn Michaels prend sa retraite des rings !

  • Photo du rédacteur: teddy2j21
    teddy2j21
  • 28 juin 2019
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 21 avr. 2020

Wrestlemania XXVI (28.03.2010) - Phénix, Arizona

Les yeux du démon face aux pupilles de l'ange, des étincelles en perspective...

Shawn Michaels réclame sa revanche de Wrestlemania XXV

Un an plus tôt, vingt-cinquième anniversaire de Wrestlemania, Houston, la grâce a épousé la robe blanche du ring ; quelques 72 000 paires de prunelles sont embuées, les esprits en pleine effervescence, les estomacs rassasiés. Briseur de cœurs à ses heures perdues, Shawn Michaels croît à l'exploit de sa vie, à son fabuleux destin, à la déchéance du gardien des ténèbres. L'infatigable série d'invincibilité de l'Undertaker hurle à l'agonie, souffre des coups, des cabrioles et des Sweet Chin Music qui la traquent. Heureusement pour elle, son garant parvient à la maintenir en vie au terme d'un combat époustouflant, d'une bataille promise à l'habillage de plusieurs étoiles. Les deux vétérans ont livré une performance dantesque, anthologique, parfaite de A à Z, déjà élevée au rang de « classique ». Toutefois, autant de flagorneries sont dérisoires dans l'esprit de Shawn Michaels, lui qui se voyait déjà bourreau du Deadman et assassin de sa « streak ». Malheureux d'avoir rendu les armes, il est piqué au vif, meurtri dans sa chair, désabusé, en colère de ne pas avoir effacé le « zéro » pur de la série d'invincibilité pour tracer le « un » de la consécration royale. Tout au long de l'année 2009, ce « un » l'obsède et tourne en boucle dans sa tête, prenant les formes d'un songe noyé dans son for intérieur, d'un rêve plus utopique que réalisable. Ce « un » chimérique le pousse aux pires actes de désolation, car il veut absolument sa revanche ; il la rumine en permanence et la désire avec force, en espérant qu'elle s'extirpera de l'abstrait pour devenir une réalité. Au cours de la cérémonie des Slammy Awards 2009, The Undertaker et Shawn Michaels reçoivent le prix du « meilleur match de l'année », de quoi rendre la défaite du Headliner encore plus amère. Obnubilé par la revanche, ce dernier réclame un match retour à l'homme d'outre-tombe, mais se heurte à un mur : champion du monde poids-lourds en titre, le Fossoyeur refuse la requête de son rival. Toutes les voies du compromis sont bouchées, le HeartBreak Kid se bat contre des moulins à vent. Comment peut-il faire craquer la créature ténébreuse ? Remporter le troisième Royal Rumble de sa carrière, puis défier le Phenom en sa qualité de champion mondial ? Non, c'est un échec. Rejoindre l'écurie de Smackdown, avant d'intégrer l'Elimination Chamber ? Non, c'est impossible. La spirale infernale de la déception emporte ses derniers espoirs, tandis que les désillusions s'amoncellent au cœur de son esprit. Bénie est l'époque sacrée où les défis furent aussitôt lancés, aussitôt acceptés ; l'échec de Wrestlemania 25 résonne comme un repentir dans le cerveau du Showstopper, regrettant encore et toujours d'avoir laissé passer sa chance de marquer à nouveau l'histoire. Cependant, il n'a pas dit son dernier mot, car une dernière carte est en sa possession. Où la poser ? Sur le tapis du ring qui accueillera la cage de l'Elimination Chamber, le 21 février 2010, à l'intérieur de laquelle le Deadman défendra son sésame face à cinq compétiteurs (Chris Jericho, John Morrison, R-Truth, Rey Mysterio et CM Punk). Bingo ! Alors que la Faucheuse et le Lionheart sont les deux derniers participants encore en lice pour décrocher le Graal, le trublion texan s'introduit entre les chaînes de l'enclos satanique, avant de claquer sa semelle sous le menton du champion en titre. Ultime coup de Trafalgar, le monarque perd sa couronne, mais le sujet gagne son attention. Rancunier, l'homme d'outre-tombe accepte finalement le défi lancé par le Headliner, à une seule et unique condition : si Michaels perd le conflit à Wrestlemania 26, il sera contraint de prendre sa retraite. Intrépide, ce dernier ne baisse pas les yeux face à l'ampleur de la stipulation ; il accepte à son tour les conditions énoncées par son rival, promettant l'écriture d'un nouveau chapitre dans l'histoire de la WWE.


The Undertaker envoie le HeartBreak Kid à la retraite

La rivalité a été fabuleuse, qu'en sera-t-il du combat ? De manière évidente et naturelle, le duel des vétérans est inscrit sur la ligne finale de Wrestlemania XXVI en vertu de sa grandeur et de ses enjeux. Sur le papier, il possède toutes les vertus capables de clôturer un événement grandiose, fertile en émotion et en bonheur. Face à face, les deux légendes de la WWE s'offrent un dernier échange de regards, poussent un dernier souffle crispé, avant de rentrer dans le vif du sujet. Bordé de belles illusions, Shawn Michaels ne craint aucune âme, aucun homme, aucun « homme mort », en témoigne sa simulation de l'égorgement face à l'expert du genre. Tour à tour, l'écho de ses « atémis » répond à la rudesse des coups distribués par le Fossoyeur ; les deux musiciens du ring jouent leur partition avec grâce et fluidité, sans fausses notes, en accordant parfaitement les instruments de leur arsenal technique. D'un côté, le gourou des ténèbres interprète une symphonie percutante, composée entre autres de son Old School, d'un Snake Eyes, de deux Chokeslam et du Last Ride. De l'autre côté, Flying Elbow Drop, Ankle Lock, Figure Four-Leglock et Moonsault (sur la table des commentateurs) constituent les instruments d'un magnifique orchestre que le Headliner a mis en place. Tantôt orienté vers la soumission au sol, tantôt vers les manœuvres acrobatiques, « Monsieur Wrestlemania » donne la preuve que sa carrière ne peut pas s'achever aussi tôt, à l'heure où ses muscles donnent encore toutes les satisfactions d'une performance élégante et complète. Durant une vingtaine de minutes, les deux rivaux s'enlisent dans une croisade alourdie de suspens, dans la mesure où leurs prises de finition sont inefficaces : alors que le Showstopper délivre trois Sweet Chin Music auxquels résiste la Faucheuse, celle-ci lui plante deux fois le crâne au sol avec son Tombstone Piledriver, sans plus de succès. A quelques secondes du final, de la dernière note, du dernier couplet de leur sonate, les deux virtuoses de la WWE se comportent en braves généraux, si bien que les spectateurs implorent les Dieux afin que leur pugilat ne se termine jamais. A la fin d'un concert empreint de bellicisme, Shawn Michaels est sur les rotules, à bout de forces, pendant que le démon se tient debout, droit sur ses jambes solides, résolu à donner le coup de grâce. Furieux, le Deadman positionne son pouce sur son cou et se prépare à simuler le geste de l'égorgement, mais une réticence soudaine le coupe dans son élan. Étonnement, les pigments de la compassion colorent son visage pâle, alors que le Headliner, à genoux sur le ring, ne désemplit pas. Dans la foulée, il fait lui-même le signe de l'égorgement avec sa main, avant de donner une gifle à son bourreau. Note finale. Son sort est scellé, sa carrière terminée. Un ultime Tombstone Piledriver le conduit au repos forcé, à la retraite anticipée, à la fin de carrière. Finalement, une poignée de main symbolique entre les deux titans conclut leur symphonie généreuse en accords émotionnels et en gammes athlétiques. Devant une foule endeuillée, le Showstopper verse une dernière larme, avant de quitter les lieux.


La WWE perd une recrue loyale et talentueuse

Sans l'ombre d'un doute, la galaxie du catch a perdu l'une de ses plus belles étoiles. Au lendemain de Wrestlemania XXVI, Shawn Michaels fait ses adieux à l'univers de la WWE sur les ondes de Raw ; les larmes ruissellent sur quelques joues, l'émotion étrangle certaines gorges, chaque visage est nappé d'une tristesse profonde. Fidèle à sa réputation, HBK a encore brisé des cœurs, le Headliner a encore atteint le haut de l'affiche, le Showstopper a de nouveau arrêté le show. « Un être vous manque et tout est dépeuplé » écrivait Alphonse de Lamartine, une phrase criante de vérité, si proche de la réalité, dont les mots prennent tout leur sens à l'heure où Shawn Michaels tire sa révérence. Merci Shawn !





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