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Monday Night Guerrero, le dernier au revoir à Eddie

  • Photo du rédacteur: teddy2j21
    teddy2j21
  • 23 avr. 2020
  • 5 min de lecture

Monday Night Raw (14 novembre 2005) - Minneapolis, Minnesota

Un ange s'en est allé, ses frères le pleurent...


Le Latino Heat s'éteint, la WWE perd un fidèle soldat

Le 13 novembre 2005, à Minneapolis, un événement terrible marquait à jamais l'histoire de la WWE : Eddie Guerrero, recruté par la fédération en 2000, succombait d'une crise cardiaque et laissait derrière lui une épouse, deux filles, une famille, des collègues proches, tout l'univers du divertissement sportif. Si les circonstances de la mort ne sont pas étalées en détail, les fans de la société de Stamford apprennent rapidement que le Latino Heat est décédé d'une crise cardiaque, dans sa chambre d'hôtel. Comment le cœur d'un homme si joyeux, frétillant et toujours survolté, incarnation humaine de l'allégresse, a-t-il pu lâcher ? D'emblée, les images s'entrecroisent dans les têtes et instaurent déjà la nostalgie ; nous revoyons son effusion de bonheur lorsqu'il a remporté le championnat mondial de la WWE (No Way Out 2004), son accolade avec Chris Benoit au terme du vingtième anniversaire de Wrestlemania, ses contrastes d'humeur avec Rey Mysterio, sa rivalité grandiose et décalée avec Kurt Angle, etc., etc. Nous regrettons déjà ses ruses, sa débrouillardise, son talent pour duper les arbitres et s'octroyer des victoires peu académiques, souvent volées. Rusé comme un renard, Eddie Guerrero était capable de tirer profit de tous les vices attachés au revers de l'espèce humaine, c'est-à-dire la triche, le mensonge, la malhonnêteté, la méchanceté ou la moquerie ; « Je mens ! je triche ! je vole ! », se plaisait-il à répéter. Mais qu'importe ! Ce talent faisait son charme et sa renommée sur le ring, tout en lui donnant les ailes d'un ange choyé par les fans de la WWE. Son dernier match sur le ring de la fédération s'est déroulé à Smackdown, le 11 novembre 2005, et s'est conclu par l'expression parfaite de sa marque de fabrique : faisant croire à l'arbitre que son adversaire (Mr. Kennedy) l'a frappé avec une chaise, il a empoché la victoire. Le lendemain du décès d'Eddie Guerrero, un dilemme s'impose à la WWE : produire son épisode de Monday Night Raw hebdomadaire ou choisir son annulation. Qu'aurait souhaité le Latino Heat en de pareilles circonstances ? Une chose est claire : il aurait voulu que le spectacle se poursuive, que la caméra tourne toujours, que ses collègues continuent à faire ce qu'ils savent le mieux faire au monde, à savoir divertir les peuples de toutes contrées. Très rapidement, le choix du maintien de l'épisode de Raw est fait par les dirigeants de la WWE. Néanmoins, l'événement du lundi soir ne prendra pas ses formes habituelles, dans la mesure où l'heure est au deuil, à l'hommage, au dernier message d'adieu. L'heure est à l'émotion, à la tristesse provoquée par la perte d'un collègue proche. Ainsi, toute la soirée sera rythmée par des vignettes commémoratives, des témoignages solennels enregistrés en amont, ainsi que des combats modestes en l'honneur du travailleur acharné que fut Eddie Guerrero. Fouler le ring en dépit de la peine, c'est la mission que devront relever les lutteurs et les lutteuses de la WWE. Une mission complexe et lourde d'émotion, car l'ancien champion du monde avait tissé de nombreuses amitiés dans le vestiaire, des relations saupoudrées de respect et de rigolade, des liens presque familiaux avec quelques Superstars (Rey Mysterio et Chris Benoit, parmi tant d'autres). Certes, la compagnie de Stamford est une machine de guerre qui ne regarde pas dans le rétroviseur du passé, mais cela ne l'empêche pas de pleurer ses mercenaires tombés au front : le départ du Latino Heat vers un autre monde l'affecte et l'affectera énormément.


Monday Night Raw rend hommage à Eddie Guerrero

En préambule du show dédié à Eddie Guerrero, la totalité du personnel de la WWE est réuni sur la plateforme d'entrée, commentateurs et arbitres compris. En tête de peloton, le président Vince McMahon expose sobrement les faits, le drame, le malheur qui accable toute une famille, la famille de la WWE. Douze sons de cloche solennels retentissent au sein de l'arène, pénétrant le cœur d'une foule silencieuse, privée d'un homme qui leur inspirait la joie, la bonne humeur et la grandeur d'âme. Une vidéo d'hommage est diffusée sur l'écran géant de l'arène, à laquelle répondent les pleurs des Superstars, le chagrin des fans, une tristesse générale. A l'image des spectateurs, quelques lutteurs arborent un t-shirt sur lequel est imprimée une phrase célèbre du Latino Heat, « I'm your papi ! » ; Rey Mysterio, Chavo Guerrero, Triple H, Kurt Angle ou Chris Benoit laissent échapper de grosses larmes, Batista les dissimule derrière une paire de lunettes aux verres teintés, Shawn Michaels a le regard rougi de peine, comme Ric Flair et bien d'autres. Soucieuses de rendre un dernier hommage à leur collègue, ami pour certains, fidèle camarade pour d'autres, les Superstars de la brand rouge répondent en chœur à l'appel du divertissement, professionnalisme oblige. Show must go on… Outre la diffusion de quelques messages d'adieu poignants, l'épisode de Raw propose un spectacle complet, un gala d'hommage, un show spécial au cours duquel les lutteurs s'efforcent de donner le meilleur d'eux-mêmes en la mémoire d'Eddie, pour Eddie, en son honneur. Les performances sur le ring sont anecdotiques, les rivalités se mettent à l'arrêt le temps d'une soirée fraternelle ; l'importance est de communier avec une foule d'anonymes plongée dans le chagrin, durement affectée par le départ du Latino Heat. En cette soirée particulière, on catche et on se démène en pensant à Eddie, on acclame et on siffle en se remémorant son visage angélique, on se lève et on applaudit en se souvenant de sa joie naturelle. Au total, sept combats nourrissent la carte de Monday Night Raw, sept matchs hauts en couleur qui ont forcément diverti le tricheur mexicain, où qu'il soit. La grande majorité des stars ont un biceps entouré d'un brassard noir, reflet de la sobriété et du deuil, sur lequel cohabitent les lettres blanches « E » et « G », blanches comme cet ange du ring parti trop tôt. Parmi les colosses en action, les champions du monde par équipes Kane et Big Show prennent le meilleur sur les deux fanfarons du MNM ; le géant ne put s'empêcher de verser quelques larmes avant la rencontre, sûrement à cause des nombreux souvenirs enchevêtrés dans sa mémoire. Par la suite, Kurt Angle fait opérer sa magie de la soumission et pousse Shelton Benjamin dans ses derniers retranchements, avant de hisser son brassard dans l'air attristé ; le médaillé des Jeux Olympiques 1996 demeurera le dernier adversaire du Latino Heat sur les terres sacrées de Wrestlemania. Enfin, l'événement du lundi soir est clôturé par la belle célébration du champion de la WWE, John Cena, victorieux de son match face à Randy Orton. Quelques minutes après l'épreuve de force, The Champ ôte son t-shirt à l'effigie de Guerrero, le dépose au centre du ring avec une grande délicatesse, puis le recouvre avec sa ceinture dorée. Hommage sobre et divin, dernière ovation de la foule, la boucle est bouclée.


La WWE à jamais privée d'un ange du divertissement

Pour beaucoup, Eddie Guerrero était comme un frère, cet oncle jamais à court de blagues, cet ami qui ne savait pas garder un secret, mais pour lequel on éprouvait une grande tendresse. Décédé en pleine gloire, dans la fleur de l'âge, le spécialiste des parades laisse derrière lui un vaste champ de regrets en friche. La veille du vingt-deuxième opus de Wrestlemania, le 2 avril 2006, l'époux de Vickie Guerrero est intronisé au Hall Of Fame de la WWE à titre posthume, tel un dernier hommage rendu à cette étoile du catch qui s'est éteinte beaucoup trop vite. Comme beaucoup de légendes avant lui, le Latino Heat a perdu la vie au sommet de son art, échappant à la tyrannie de la vieillesse. Pourtant, la vie lui était cher, puits d'amour sans fond, source de facéties intarissable. Hormis sa famille et ses proches, il laisse derrière lui un héritage inestimable, une banque fabuleuse de souvenirs, un talent en or.




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